"Vous ne souhaiteriez à personne le voyage que j'ai traversé"

traitement de fertilité

Après une bataille de cinq ans, Siel (27 ans) est enfin enceinte de son premier enfant. Son traitement de fertilité a été marqué par de nombreux hauts, bas et pertes. "Je ne me reconnaissais plus à cause des hormones."

"J'ai toujours eu un fort désir d'enfants", dit Siel. "Chaque fois qu'on me demandait ce que je voulais être plus tard, la réponse était professeur de maternelle et maman. Je voulais aussi être une jeune maman et j'ai épousé mon ancien partenaire dès mes 21 ans. Ma mère avait également suivi un traitement de fertilité pour tomber enceinte de moi et de mon frère jumeau, donc les difficultés à concevoir sont un problème familial. C'est pourquoi je ne voulais pas attendre d'avoir 27 ans pour m’y mettre, car je savais qu'avec mes antécédents, cela ne se ferait pas automatiquement."

"Quand j'avais 10 ou 11 ans, j'ai eu mes règles pour la première fois et à partir de là, déjà, j'ai su que quelque chose n'allait pas. Il m’arrivait plus souvent de ne pas avoir de règles que d’en avoir et quand finalement elles arrivaient, c'était très douloureux et extrêmement dur. Je les ai eues une ou deux fois, puis elles ne sont pas revenues pendant presque un an et demi. À l'époque, tout cela n'était pas un problème et je ne m'en souciais pas."

La méthode naturelle

"Quand j'ai voulu arrêter la contraception, nous sommes allés chez la gynécologue. J'avais un cycle très irrégulier, donc ce ne serait pas facile, mais la gynécologue m'a tout de même recommandé d'essayer la méthode naturelle pendant un an d'abord. Nous avons essayé environ 6 fois, mais comme je n'ai pas de cycle tous les mois, cela a pris un an. Il n'y avait pas encore de pression à cette époque, ni de tic-tac de mon horloge biologique, mais après ces tentatives, nous sommes allés faire des tests d'ovulation pour savoir quand j'avais une ovulation et donc une plus grande chance de tomber enceinte. Il s’est rapidement avéré que mon ovulation était introuvable. Ils ont alors fait des tests sur mes ovaires et mon utérus et sur le sperme de mon petit ami. J'avais trop d'ovules, il y avait donc peu de place pour qu'ils se développent en follicules et donnent une chance de fécondation."

"Nous avons alors commencé les pilules hormonales à la dose la plus faible ; une demi-pilule par jour et pendant 3 jours d'affilée. Le 12e jour, nous vérifiions si des follicules se développaient, ce qui n'était généralement pas le cas. Ensuite, mon cycle était interrompu par d'autres hormones et mes règles devaient se manifester avant de pouvoir recommencer avec une dose plus élevée d'hormones. Mon cycle durait cependant toujours bien plus longtemps que la normale."

Stress et pression

"Chaque tentative ratée est une énorme déception, surtout lorsque vous essayez depuis un an et que vous n'avez même jamais pu tenter de tomber enceinte. Quand mes ovules étaient assez gros, je devais prendre une injection d'hormones pour déclencher l'ovulation. Pendant tout ce parcours, je n'ai pu le faire qu'une seule fois, alors que nous travaillions avec ces hormones depuis deux ou trois ans. C'est très frustrant. Nous avons finalement réussi à effectuer notre première tentative de grossesse, mais nous avons tout de suite su que cela ne marcherait pas. Le stress et la pression étaient énormes et pendant les rapports sexuels nous savions déjà que ça ne marcherait pas."

"Je suis une personne positive, mais j'ai quand même beaucoup pleuré. Vous vous demandez pourquoi ça ne veut pas fonctionner pour vous et vous commencez à vous remettre en question. Entre-temps, vous vieillissez et les gens de votre entourage, eux, tombent enceintes. Même si vous souhaitez le bonheur à tout le monde, c’est à chaque fois un coup dur à encaisser. Je ne voulais pas non plus être celle à qui on n'ose pas dire qu'on est enceinte. J'ai toujours été très ouverte à propos de notre parcours, car j'avais besoin de pouvoir me confier. Je ne souhaite vraiment à personne le voyage que j'ai traversé. J'enseignais aussi toujours en maternelle et je m'occupais de tout mon cœur des enfants des autres, je voyais des mères au ventre rond ou des parents qui étaient enceintes pour la quatrième fois. C'est très confrontant. Heureusement, j'ai eu beaucoup de soutien de la part de mon entourage – ma mère, ma famille, mes collègues et mes amis."

Une nouvelle relation

"Tout ce parcours a aussi pesé sur notre relation et nous avons fini par nous séparer. Le parcours de fertilité a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Nous avions décidé ensemble que nous voulions des enfants, mais il pensait que je m'impliquais trop, que c'était devenu trop important. Il ne voulait pas non plus déjà franchir autant d’étapes à un si jeune âge, mais j'avais toujours ce sentiment que ça ne se ferait pas tout seul. Cela a suscité beaucoup d’incompréhension. Plus tard, j'ai entamé une relation avec Kristof, qui avait déjà deux enfants d'un précédent mariage et qui est aussi beaucoup plus âgé. Il était prêt à vouloir un autre enfant. C'était important pour moi, sinon les choses n’auraient pas marché entre nous. Alors que nous venions de nous mettre ensemble, je n'ai plus repris la contraception et au bout de six mois, j'ai recommencé le traitement hormonal."

Retour à la case départ

"Il y a deux ans, juste avant le premier confinement, nous étions encore à la recherche de la bonne dose d'hormones. La gynécologue voulait pratiquer une chirurgie exploratoire sur mes trompes de Fallope. Ensuite, nous commencerions par la plus forte dose d'hormones. L'opération s'est bien passée, les chances étaient bonnes et une semaine plus tard, nous devions commencer avec les hormones. C’est alors que le corona a débarqué et les hôpitaux ont fermé. Je n'avais pas le droit d'aller à l'hôpital pendant 6 mois et je ne pouvais pas non plus prendre d'hormones car il n'y avait pas de suivi. Tout s'est donc arrêté et mon corps aussi. Après 6 mois, j'étais de retour à la case départ."

"C'est à ce moment-là que j'ai vraiment reçu un rude coup. J’ai eu très difficile mentalement. Chaque soir, je voyais aussi la cicatrice de l'opération exploratoire pour me rappeler que ça n'avait à nouveau pas marché. Nous avions de grands espoirs et puis est arrivé le énième revers. Pendant longtemps, je me suis demandé si j'aurais été enceinte sans le corona. Ça m'a fait beaucoup de mal. Pendant cette période, je me suis vraiment jetée dans mon travail pour refouler un peu tout le reste."

Test de grossesse négatif

"Après le confinement, la FIV a été discutée, mais la gynécologue voulait réessayer avec des hormones d'abord parce que le problème se situait au niveau des œufs et de l'ovulation. Nous avons donc recommencé à prendre des hormones et, lors de la deuxième tentative, mon corps a soudainement réagi et il y avait un follicule prêt à être fécondé. Nous avions convenu de ne plus recommencer un cycle spontané, mais d’opter pour l'insémination. Cependant, quand deux semaines plus tard j'ai fait un test de grossesse, celui-ci était négatif. Ce fut une autre grande déception, aussi parce que je ressentais toutes sortes de changements dans mon corps. Une analyse de sang à l'hôpital a bel et bien permis de déceler la hCG, l'hormone de la grossesse, mais à une dose beaucoup trop faible."

"Ce qui a suivi a été une période de tests sanguins tous les deux jours et beaucoup d'incertitude. Le taux de hCG dans mon sang a augmenté, mais pas comme il aurait dû. J'avais pourtant encore une lueur d'espoir, mais l'incertitude était très difficile à vivre. Il pouvait s'agir d'une grossesse extra-utérine, où l’œuf se développe au mauvais endroit, par exemple dans la trompe de Fallope. Pour être sûrs, nous avons fait une échographie sûrs, mais il n'y avait rien à voir. Quelques jours plus tard, j'ai soudain eu des saignements abondants qui ne cessaient pas. J'étais mentalement et physiquement épuisée. La veille d'un rendez-vous de contrôle, j'ai eu une énorme douleur. J'ai souffert toute la nuit jusqu'à ce que je puisse aller chez ma gynécologue le matin. Elle a fait une autre échographie et j'avais donc effectivement une grossesse extra-utérine."

Injection de chimio

"À ce moment-là, j'avais le choix entre une opération pour retirer mes trompes de Fallope ou une injection de chimio pour interrompre la grossesse. L'inconvénient d'une telle injection est qu'avec la chimio dans votre corps, vous ne pouvez pas réessayer pendant au moins trois mois. Perdre une trompe de Fallope n'était cependant pas une option pour moi. J'ai été extrêmement malade à cause de cette injection. Pendant la période d'attente de trois mois, j'ai dû m'échapper mentalement de la prison de ce parcours. Je ne me reconnaissais plus à cause des hormones et je voulais me reconcentrer sur mon travail pendant un moment. Je pensais que ça me ferait du bien, mais c'était plus difficile que je ne l'avais espéré. »

Attendre le bébé avec impatience

"Lorsque nous avons repris les hormones, mon corps a rapidement produit un bon follicule, mais j'étais désormais plus réaliste et je n'osais espérer. Nous avons opté pour une nouvelle insémination et deux semaines plus tard, j'avais dans les mains un test de grossesse positif. Aujourd’hui, ça roule toujours. Nous sommes tous deux très heureux et soulagés que tout soit positif. Les enfants de Kristof issus de sa précédente relation sont également très heureux et attendent le bébé avec impatience."

"Mon plan B était de ne pas avoir d'enfant, mais je me serais alors entièrement concentrée sur ma carrière. Je n'aurais pas été capable de m'occuper d'autres enfants jour après jour et j’aurais repris mes études. L'adoption n'était pas non plus une option pour moi. Si je ne porte pas l'enfant moi-même, il n'y a aucune différence pour moi avec les enfants actuels de Kristof. Ils sont très importants pour moi et je les considère comme "mes" enfants, mais je ne suis pas leur mère. C'est très important pour moi d'avoir un enfant que j'ai porté moi-même."

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