Arrivée de bébé : faut-il faire un cadeau à l'aîné ?

2 frères, l'aîné et le cadet dans les bras de son grand frère

La famille va s’agrandir très bientôt ! Soucieux·se de la future relation qu’auront vos enfants, vous vous demandez comment votre aîné·e réagira quand il·elle découvrira le nouveau bébé. Peur d’être oublié·e, jalousie, pour que cette arrivée soit bien vécue, vous avez pensé à offrir un petit cadeau à votre premier « bébé ». Bonne idée ou pas, on vous aide à trancher.

L'héritage de Dolto

C’est, semble-t-il, Françoise Dolto qui est à l’origine de cette idée d’offrir un cadeau à l’aîné. Un héritage tantôt relayé, tantôt décrié. Offrir un cadeau à l’aîné au nom du bébé c’est lui dire « regarde, bébé pense déjà à toi, on ne t’oublie pas ». Ou encore une manière de gratifier son nouveau rôle d’aîné. Une pratique de plus en plus répandue mais est-ce bien nécessaire ? Si Dolto a apporté beaucoup, il n’en demeure pas moins qu’il y a aussi des choses à laisser de côté…

Et si le message était faussé ?

En offrant un cadeau à l’aîné, certains spécialistes de l’enfance comme Aldo Naouri mettent en avant le fait que finalement, cela pourrait susciter la peur de l’enfant déjà là d’être oublié : bébé n’est même pas rentré à la maison que vous imaginez que votre enfant a déjà la crainte de ne plus être aimé. Les adultes ont souvent tendance à projeter leurs propres émotions sur leur enfant alors que lui-même ne perçoit pas du tout les choses de la même façon avec ses yeux à lui. Qui plus est, les enfants ont une très grande faculté d’adaptation – contrairement aux adultes parfois !

Laisser la jalousie s'exprimer

En sentant que le parent culpabilise, cela pourrait justement entretenir la jalousie. Il peut certes être jaloux de voir bébé dans les bras de maman, avec tant d’attention, mais un cadeau matériel ne viendra en aucun cas combler cela et c’est peut-être de ça qu’en tant que parent vous voudriez vous dédouaner bien inconsciemment. Oui, ce n’est pas facile pour votre aîné. Devenir le « grand » n’est pas simple pour un enfant, cela demande un temps et ça, aucun jouet ne pourra l’y aider : il doit faire le deuil d’avant et accepter la situation présente. Malgré le fait qu’il perde le statut d’enfant unique, il verra petit à petit qu’il gagne aussi autre chose. Ainsi, d’autres chemins sont possibles pour que votre aîné se sente encore et toujours aimé.

Le faire participer plutôt que le gâter

Pour que votre aîné puisse revêtir son nouveau rôle de grand frère ou grande sœur, un bon moyen est de le faire participer aux préparatifs et pourquoi pas de lui faire choisir un cadeau pour le bébé : doudou, peluche, pyjama, laissez-lui choisir ce qu’il préfère. D’ailleurs, souvent, les enfants en âge de l’exprimer disent qu’ils ont envie d’aider à préparer la chambre ou à acheter des vêtements pour l’arrivée de bébé. Une fois bébé là, idem : si vous voyez qu’il a envie de s’occuper de bébé, demandez-lui de vous amener une couche, montrez comment le laver, il sera vraiment heureux de le faire. Il trouvera ainsi progressivement une nouvelle place. Néanmoins, prenez garde de ne pas toujours le traiter comme un grand - ce qui pourrait lui mettre un peu la pression - et de lui préserver des moments où il peut encore être tout petit…

Différencier pour faire exister

Si l’enfant régresse à la naissance d’un frère ou d’une sœur, c’est bien pour être autant l’objet de tous les regards que ce petit bébé. Valoriser votre aîné par des mots est donc important, que ce soit dans son rôle de frère ou de sœur mais aussi et surtout continuer à lui dire votre amour : rassurer encore et toujours jusqu’à qu’il soit apaisé, dites-lui que vous l’aimez pour ce qu’il est et remémorez-vous ensemble ses premiers moments quand lui-même était bébé. Après tout, sa vie aussi est totalement chamboulée et il a besoin du regard de papa et maman pour avancer sereinement ! Egalement, veillez à lui consacrer du temps régulièrement, en tête-à-tête, le temps d’une balade, d’un cinéma ou tout simplement d’un jeu. Cela vaut parfois plus que mille mots !

Quelle que soit la solution que vous choisirez, elle est personnelle : offrir ou pas un cadeau, ce qui compte avant tout c’est d’ouvrir le dialogue avec votre aîné, lui laisser la possibilité de se confier, d’exprimer ses craintes ou sa jalousie aussi forte qu’elle soit. Le préparer est primordial même si cela n’empêchera pas certains moments plus ou moins délicats, le tout étant de ne pas y accorder plus d’importance qu’il ne faut. En laissant faire les choses naturellement, nul doute qu’il finira par l’aimer de tout son cœur ce bébé.

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