Bébé prématuré : naissance prématurée et prise en charge après la naissance
Ecrit le 26/08/2026 par Family Service,
Pour les parents, une naissance prématurée peut être aussi inattendue que bouleversante. Vous aviez peut-être imaginé une toute autre première rencontre avec votre bébé et vous vous retrouvez soudain confrontée à la néonatologie, aux moniteurs, à la couveuse et à de nombreux termes médicaux. Voici ce que signifie concrètement la prématurité et ce à quoi vous pouvez vous attendre après une naissance trop précoce.
Sommaire
- À partir de quel âge parle-t-on de bébé prématuré ?
- À partir de quel âge un bébé prématuré peut-il survivre ?
- Que se passe-t-il lorsqu’un bébé naît trop tôt ?
- Tous les bébés prématurés doivent-ils aller en couveuse ?
- Que pouvez-vous faire pour votre bébé prématuré ?
- Comment un bébé prématuré se développe-t-il après la naissance ?
- Quand un bébé prématuré peut-il rentrer à la maison ?
- FAQ : les questions les plus fréquemment posées par les parents
À partir de quel âge parle-t-on de bébé prématuré ?
D’un point de vue médical, ce n’est pas l’âge du bébé après sa naissance qui détermine la prématurité, mais le terme de la grossesse au moment où il vient au monde. Un bébé est considéré comme prématuré lorsqu’il naît avant 37 semaines complètes de grossesse.
| Terme à la naissance | Définition |
|---|---|
| Moins de 28 semaines | Extrêmement prématuré |
| De 28 à moins de 32 semaines | Grand prématuré |
| De 32 à moins de 37 semaines | Prématuré modéré à tardif |
| À partir de 37 semaines | N’est plus considéré comme prématuré |
Plus la naissance survient tôt, plus il est probable que certains organes, comme les poumons, le cerveau ou les intestins, aient encore besoin de temps et éventuellement d’un soutien médical pour poursuivre leur maturation.
Vous souhaitez mieux comprendre comment les semaines de grossesse correspondent à la durée normale d’une grossesse ? Retrouvez sur La Boîte Rose la durée d’une grossesse et ses principales étapes en chiffres.
Un bébé né à 7 mois est-il prématuré ?
Oui. Si l’on parle d’un bébé né au cours du septième mois de grossesse, il s’agit bien d’un bébé prématuré.
La conversion des mois en semaines de grossesse reste toutefois approximative. Les médecins et sages-femmes utilisent donc principalement les semaines pour évaluer le terme.
Le septième mois correspond approximativement aux semaines 28 à 31. Un bébé qui naît pendant cette période entre dans la catégorie des grands prématurés selon la classification médicale.
Une naissance autour de 28 semaines nécessite généralement une prise en charge néonatale spécialisée. Vous pouvez également découvrir ce qui se passe pour votre bébé à la 28e semaine de grossesse.
À partir de quel âge un bébé prématuré peut-il survivre ?
Il n’existe pas une semaine précise de grossesse à partir de laquelle tous les bébés prématurés peuvent survivre. Autour de la limite de viabilité, les chances évoluent fortement avec chaque semaine supplémentaire passée dans l’utérus.
Les données belges permettent néanmoins de donner quelques repères. Selon les informations de l’UZ Leuven sur l’extrême prématurité, les bébés nés en Flandre à 24 semaines ont environ 55 à 60 % de chances de survivre. À 25 semaines, ce chiffre atteint environ 75 % et après 26 semaines, il dépasse 85 %.
Ces chiffres représentent des moyennes et ne permettent jamais de prédire l’évolution d’un bébé en particulier. Les chances dépendent notamment :
- du terme exact de la grossesse ;
- du poids de naissance et de la croissance du bébé ;
- de la présence éventuelle d’une infection ;
- de l’administration éventuelle de corticostéroïdes avant la naissance pour favoriser la maturation des poumons ;
- du nombre de bébés en cas de grossesse multiple ;
- d’éventuelles anomalies congénitales ;
- de l’état général du bébé au moment de sa naissance.
Que se passe-t-il en cas de naissance entre 22 et 26 semaines ?
Il s’agit d’une période particulièrement délicate pendant laquelle les parents et l’équipe médicale peuvent être confrontés à des décisions difficiles.
La prise en charge peut légèrement différer selon les centres spécialisés. L’UZA explique par exemple comment les soins intensifs sont envisagés en cas d’extrême prématurité : entre 22 et 23 semaines, ce centre ne propose pas de traitement néonatal intensif. Entre 24 et 26 semaines, la décision est prise avec les parents en fonction de la situation individuelle. À partir de 26 semaines, des soins intensifs sont généralement proposés.
Il n’est donc pas correct de présenter une semaine précise comme une limite absolue. Autour de 23 à 26 semaines, chaque situation est évaluée individuellement.
Que se passe-t-il lorsqu’un bébé naît trop tôt ?
Ce qui se passe immédiatement après la naissance dépend surtout du degré de prématurité de votre bébé et de l’aide dont il a besoin.
Un bébé qui naît seulement quelques semaines trop tôt, respire seul et parvient à s’alimenter peut parfois simplement avoir besoin d’une surveillance supplémentaire. Un bébé né beaucoup plus prématurément peut en revanche être hospitalisé dans une unité de soins intensifs néonatals.
L’équipe surveille alors notamment sa respiration, son rythme cardiaque, sa température corporelle, son taux d’oxygène, son alimentation et sa croissance.
La respiration
Les poumons d’un bébé prématuré ne sont pas toujours complètement développés. Plus la naissance intervient tôt, plus il est probable que votre bébé ait besoin d’aide pour respirer.
Cette aide peut aller d’un apport supplémentaire en oxygène à une assistance par CPAP ou, chez certains très grands prématurés, à une ventilation artificielle.
La partie du cerveau qui contrôle la respiration peut également être encore immature. Des apnées peuvent alors survenir. Il s’agit de courtes pauses respiratoires qui peuvent parfois s’accompagner d’une diminution du rythme cardiaque ou du taux d’oxygène dans le sang.
La température corporelle
Les bébés prématurés perdent plus facilement leur chaleur et ne sont pas toujours encore capables de maintenir seuls une température corporelle stable.
Votre bébé peut donc être placé temporairement dans une couveuse ou dans un lit chauffant. Lorsqu’il parvient à maintenir sa température de manière autonome, cette aide peut progressivement être réduite.
L’alimentation
Boire demande également une bonne coordination. Un bébé doit être capable de téter, d’avaler et de respirer simultanément.
Les très grands prématurés ne sont parfois pas encore prêts à coordonner tous ces mouvements. Leur alimentation peut alors, dans un premier temps, être administrée par perfusion ou par sonde gastrique.
L’UZ Leuven explique comment l’alimentation et l’allaitement sont organisés chez les bébés prématurés, notamment en donnant du lait maternel par sonde jusqu’à ce que le bébé soit suffisamment mature pour boire seul au sein ou au biberon.
Vous souhaitez également vous préparer à l’allaitement ? Retrouvez toutes les informations essentielles dans la rubrique Allaitement de La Boîte Rose.
La jaunisse
Les bébés prématurés présentent plus souvent une jaunisse parce que leur foie est encore immature.
En cas de jaunisse, la bilirubine s’accumule dans le sang, ce qui peut donner une teinte jaune à la peau et au blanc des yeux. L’équipe médicale contrôle le taux de bilirubine et peut proposer une photothérapie si nécessaire.
Les infections
Le système immunitaire du bébé prématuré est lui aussi encore en plein développement. Il est donc plus vulnérable aux infections.
Les services de néonatologie appliquent pour cette raison des règles d’hygiène strictes. Les parents et visiteurs doivent notamment se laver soigneusement les mains et des précautions supplémentaires peuvent être mises en place selon l’état de santé du bébé.
Tous les bébés prématurés doivent-ils aller en couveuse ?
Non. Naître prématurément ne signifie pas automatiquement devoir être placé en couveuse.
Un bébé né à 35 ou 36 semaines peut par exemple être suffisamment stable pour être pris en charge sans couveuse. Un autre bébé né au même terme peut temporairement avoir besoin de davantage de chaleur, d’une aide pour s’alimenter ou d’une surveillance supplémentaire.
L’équipe médicale ne regarde donc pas uniquement le nombre de semaines de grossesse. Elle évalue surtout :
- la respiration ;
- la température corporelle ;
- la glycémie ;
- l’alimentation ;
- le poids et la croissance ;
- l’état de santé général.
Il vaut donc mieux éviter les règles trop simples du type : « avant 35 semaines, un bébé doit forcément aller en couveuse ». Les besoins sont différents pour chaque bébé prématuré.
Que pouvez-vous faire pour votre bébé prématuré ?
Lorsque votre bébé est hospitalisé en néonatologie, vous pouvez avoir l’impression au début que ce sont surtout les médecins et les infirmières qui prennent soin de lui. Pourtant, vous restez, en tant que parent, un élément essentiel de sa prise en charge.
Dès que l’état de votre bébé le permet, l’équipe peut progressivement vous impliquer dans les soins : changer sa couche, le laver, le nourrir, le réconforter ou pratiquer le peau à peau.
Le peau à peau et la méthode kangourou
Lors des soins kangourou, votre bébé est placé directement contre votre poitrine, peau contre peau.
Ce contact permet bien sûr d’être proche de votre enfant, mais il peut également contribuer à stabiliser sa température et soutenir le lien entre le bébé et ses parents.
L’UZ Leuven encourage le peau à peau et les soins kangourou en néonatologie lorsque l’état médical du bébé le permet.
Pour beaucoup de parents, ces moments permettent aussi de ne plus voir uniquement les moniteurs, les fils et les appareils médicaux, mais simplement de profiter de la proximité avec leur bébé.
Quand un bébé prématuré peut-il rentrer à la maison ?
Il n’existe pas de poids précis à atteindre pour que tous les bébés prématurés puissent quitter l’hôpital.
Autrefois, on utilisait plus souvent des seuils de poids. Aujourd’hui, l’équipe médicale regarde principalement ce que votre bébé est capable de faire seul.
Un bébé prématuré se rapproche généralement du retour à la maison lorsqu’il :
- n’a plus besoin d’assistance respiratoire ;
- maintient seul sa température dans un lit classique ;
- parvient à boire suffisamment au sein ou au biberon ;
- prend correctement du poids ;
- n’a plus d’autre problème médical nécessitant une hospitalisation.
Selon les critères de sortie actuels du service de néonatologie de l’UZ Leuven, la capacité à boire seul, à maintenir une température stable et à respirer sans assistance figurent parmi les éléments les plus importants.
Pour de nombreux bébés prématurés, le retour à la maison se situe quelque part entre 36 semaines d’âge gestationnel et la date initialement prévue pour l’accouchement. Mais là encore, cela varie énormément d’un bébé à l’autre.
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FAQ : les questions les plus fréquemment posées par les parents
Il n’existe pas de limite absolue. Dans les centres spécialisés belges, une survie peut être possible à partir d’environ 24 semaines de grossesse, mais les chances augmentent fortement avec chaque semaine supplémentaire. Les chiffres flamands de l’UZ Leuven indiquent environ 55 à 60 % de survie à 24 semaines, environ 75 % à 25 semaines et plus de 85 % après 26 semaines. À ces termes très précoces, la situation individuelle du bébé est toujours prise en compte.
Oui. Une naissance au cours du septième mois de grossesse correspond approximativement à 28 à 31 semaines. Comme cela se situe avant 37 semaines, le bébé est considéré comme prématuré. Pour évaluer la prématurité, les médecins utilisent les semaines de grossesse plutôt que les mois.
Cela dépend du terme auquel le bébé naît et de son état de santé. Certains bébés ont simplement besoin d’une surveillance supplémentaire. D’autres sont hospitalisés en néonatologie et reçoivent une aide pour respirer, maintenir leur température corporelle ou s’alimenter. Plus la naissance est précoce, plus une prise en charge intensive est susceptible d’être nécessaire.
Un bébé est considéré comme prématuré lorsqu’il naît avant 37 semaines complètes de grossesse. Avant 28 semaines, l’OMS parle d’extrême prématurité. Entre 28 et moins de 32 semaines, le bébé est considéré comme grand prématuré. Entre 32 et moins de 37 semaines, on parle de prématurité modérée à tardive.
Un bébé né à partir de 37 semaines complètes de grossesse ne correspond plus à la définition médicale de la prématurité.
Le retour à la maison ne dépend pas d’un poids précis. Votre bébé doit notamment pouvoir respirer seul, maintenir une température corporelle stable, boire suffisamment de manière autonome et bien grandir. C’est l’équipe de néonatologie qui détermine quand votre bébé est prêt à quitter l’hôpital.
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Comment un bébé prématuré se développe-t-il après la naissance ?
Pour suivre le développement d’un bébé prématuré, on ne tient pas seulement compte de son âge chronologique. On utilise également ce que l’on appelle l’âge corrigé.
L’âge chronologique correspond simplement au temps qui s’est écoulé depuis la naissance. L’âge corrigé tient compte du nombre de semaines d’avance avec lesquelles votre bébé est né.
Comment calculer l’âge corrigé ?
Imaginons que votre bébé soit né à 32 semaines. Il est donc arrivé environ 8 semaines avant le terme de référence de 40 semaines.
Lorsque votre bébé a 16 semaines: 16 semaines d’âge chronologique - 8 semaines de prématurité = 8 semaines d’âge corrigé.
Son développement peut alors être comparé à celui d’un bébé d’environ 8 semaines plutôt qu’à celui d’un bébé de 16 semaines.
Selon les informations de Kind en Gezin consacrées à l’âge corrigé des bébés prématurés, cette correction est principalement utilisée pendant les deux premières années de vie pour suivre la croissance et le développement.
Un bébé prématuré aura-t-il forcément des problèmes de développement ?
Non.
De nombreux bébés prématurés se développent très bien. Le risque de difficultés de développement augmente toutefois à mesure que la naissance intervient tôt.
C’est pourquoi les grands prématurés bénéficient souvent d’un suivi supplémentaire. Celui-ci peut notamment porter sur le développement moteur, le langage, la croissance, l’audition, la vision et le développement cognitif.
En Belgique, les enfants nés avant 32 semaines ou pesant moins de 1 500 grammes à la naissance peuvent par exemple bénéficier d’un programme de suivi spécialisé. L’UZA décrit le suivi multidisciplinaire proposé aux enfants nés prématurément pendant plusieurs années.
Ces consultations ne signifient pas qu’un problème va nécessairement apparaître. Elles permettent surtout d’identifier rapidement d’éventuelles difficultés et de mettre en place un accompagnement adapté si nécessaire.