Perturbateurs endocriniens et bébé: comment réduire l'exposition pendant les 1 000 premiers jours ?
Ecrit le 28/09/2026 par Family Service,
Biberons, jouets, vêtements, cosmétiques, emballages alimentaires, meubles : lorsqu’on commence à s’intéresser aux perturbateurs endocriniens autour de bébé, la liste des sources possibles peut vite sembler interminable. Pourtant, l’objectif n’est pas de supprimer toute exposition ni de transformer votre maison en laboratoire. Quelques habitudes simples permettent déjà de limiter les contacts inutiles avec certaines substances.
Le sujet est particulièrement important pendant les 1 000 premiers jours, de la grossesse jusqu’aux 2 ans de l’enfant. Alors, où se trouvent les perturbateurs endocriniens auxquels bébé peut être exposé et quels changements sont réellement utiles ? Cuisine, biberons, salle de bain, jouets, vêtements et chambre : faisons le tour de la maison sans culpabiliser ni chercher la perfection.
Sommaire
- Qu'est-ce qu'un perturbateur endocrinien ?
- Pourquoi les 1 000 premiers jours sont-ils particulièrement importants ?
- Où trouve-t-on des perturbateurs endocriniens dans l'environnement de bébé ?
- Dans la cuisine : éviter surtout de chauffer les aliments dans du plastique
- Salle de bain : bébé a-t-il vraiment besoin de nombreux produits ?
- Jouets : laver et aérer avant de donner à bébé
- Vêtements et textiles : laver avant la première utilisation
- Chambre de bébé : l'air intérieur compte aussi
- Et les produits ménagers ?
- Peut-on déjà réduire l'exposition avant la naissance ?
- Peut-on protéger complètement bébé des perturbateurs endocriniens ?
- Moins de substances inutiles, sans culpabiliser les parents
- FAQ : les questions les plus fréquemment posées par les parents
Qu'est-ce qu'un perturbateur endocrinien ?
Les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques ou des mélanges de substances capables d’interférer avec le système hormonal. Or, les hormones participent à de nombreux processus essentiels de l’organisme, notamment la croissance, le métabolisme, la reproduction et le développement. Une substance qui perturbe leur fonctionnement peut donc avoir des effets dans différentes parties du corps.
Nous pouvons entrer en contact avec ces substances de plusieurs façons. Elles peuvent être présentes dans l’alimentation, certains emballages, les textiles, des cosmétiques, les jouets ou encore l’air intérieur. L’exposition peut alors se faire en avalant une substance, en la respirant ou par contact avec la peau.
Cela ne signifie pas que chaque objet en plastique ou chaque produit cosmétique représente automatiquement un danger. Les effets potentiels dépendent notamment de la substance concernée, de la quantité, de la durée et du moment de l’exposition ainsi que de la sensibilité individuelle. Le but est donc surtout de diminuer les expositions évitables.
Faut-il apprendre à reconnaître tous les noms de perturbateurs endocriniens ?
Vous avez peut-être déjà entendu parler des bisphénols, phtalates ou PFAS. Pourtant, essayer de mémoriser toutes les substances chimiques présentes dans les produits du quotidien devient rapidement compliqué, d’autant que la réglementation et les connaissances scientifiques évoluent.
Pour les parents, une approche par usage est généralement beaucoup plus simple. Ne chauffez pas de nourriture dans du plastique, privilégiez des produits de soin simples, lavez les textiles neufs, aérez les meubles et jouets et évitez les produits parfumés inutiles. Ces habitudes permettent d’agir sans devoir devenir toxicologue.
Vous pouvez ensuite approfondir certaines catégories lorsqu’un achat important se présente. Le futur cluster La Boîte Rose consacré aux perturbateurs endocriniens permettra justement de détailler séparément les biberons, la cuisine, les jouets, les textiles, les soins et la chambre de bébé.
Pourquoi les 1 000 premiers jours sont-ils particulièrement importants ?
Les 1 000 premiers jours commencent pendant la grossesse et se poursuivent jusqu’aux 2 ans de l’enfant. Pendant cette période, les organes, le cerveau, le système immunitaire et le système hormonal connaissent un développement particulièrement rapide. Le jeune enfant constitue donc une population plus sensible à certaines expositions environnementales.
La grossesse fait déjà partie de cette période. Certaines substances auxquelles la future maman est exposée peuvent atteindre le fœtus via le placenta, ce qui explique pourquoi les recommandations commencent avant même la naissance. Après l’accouchement, l’environnement quotidien du bébé prend progressivement davantage d’importance.
Le SPF Santé publique souligne que l’impact potentiel dépend de nombreux facteurs et que certaines expositions sont associées à différents problèmes de santé. Il ne s’agit toutefois pas de conclure qu’une exposition ponctuelle provoquera une maladie chez votre enfant. Les conseils de prévention cherchent avant tout à réduire l’exposition globale au quotidien.
Où trouve-t-on des perturbateurs endocriniens dans l'environnement de bébé ?
Les perturbateurs endocriniens ne se trouvent pas dans un seul type de produit. Ils peuvent être présents dans différentes catégories d’objets ou de substances utilisés quotidiennement à la maison. C’est cette multiplication des sources qui rend particulièrement intéressants les petits changements répétés.
On peut notamment en retrouver dans ou autour :
- de certains emballages alimentaires ;
- de matériaux plastiques ;
- de certains revêtements de cuisine ;
- de cosmétiques et produits de soin ;
- de parfums et produits parfumés ;
- de certains textiles ;
- de meubles et matelas neufs ;
- de jouets ;
- de produits ménagers ;
- de pesticides et biocides.
Il serait irréaliste de vouloir examiner la composition chimique de chaque objet que votre enfant touche. Une approche beaucoup plus simple consiste à cibler les situations où bébé est fortement exposé : ce qu’il mange, ce qu’il porte à la bouche, ce qui reste longtemps sur sa peau et ce qu’il respire dans son environnement.
Les gestes les plus utiles au quotidien
Il n’est pas nécessaire de changer toute votre maison en une seule fois. Certaines habitudes sont simples, peu coûteuses et concernent des objets utilisés tous les jours. Elles constituent donc un bon point de départ.
Parmi les recommandations mises en avant par le SPF Santé publique :
- privilégier le verre, l’inox ou la porcelaine non peinte pour les aliments lorsque c’est possible ;
- éviter de réchauffer des aliments dans des récipients en plastique ;
- préférer si possible les biberons en verre ;
- laver les nouveaux biberons, tétines et ustensiles avant leur première utilisation ;
- laver les vêtements et le linge de lit neufs avant utilisation ;
- aérer les nouveaux jouets et les nettoyer avant de les donner à bébé ;
- limiter les parfums, désodorisants, diffuseurs et bougies parfumées ;
- choisir des soins simples, idéalement sans parfum ;
- aérer régulièrement la maison ;
- nettoyer les sols et les poussières régulièrement.
Ces gestes ne permettent pas d’éliminer complètement l’exposition aux perturbateurs endocriniens. Ils réduisent surtout les contacts évitables avec plusieurs sources du quotidien. Mis bout à bout pendant les premiers mois et années, ils constituent une stratégie de prévention réaliste.
Dans la cuisine : éviter surtout de chauffer les aliments dans du plastique
La cuisine est l’un des premiers endroits où quelques habitudes peuvent faire une différence. Certains matériaux destinés à entrer en contact avec les aliments peuvent libérer des substances, notamment lorsqu’ils sont chauffés ou détériorés. La chaleur mérite donc une attention particulière.
Le SPF Santé publique recommande d’éviter de réchauffer ou de cuire les aliments de bébé dans du plastique. Pour chauffer, préparer ou conserver des repas, privilégiez lorsque c’est possible le verre, l’inox, la faïence ou la porcelaine non peinte. Vous réduisez ainsi une source potentielle de migration de substances vers les aliments.
Cela ne veut pas dire que vous devez jeter toutes vos boîtes en plastique. Vous pouvez par exemple continuer à les utiliser dans les conditions prévues par le fabricant, tout en réservant le verre ou la porcelaine aux préparations chaudes. Commencer par les usages répétés est souvent plus réaliste.
Que faire des poêles et casseroles antiadhésives ?
Un revêtement antiadhésif en bon état n’est pas la même chose qu’une poêle très abîmée. Le SPF recommande de ne plus cuisiner avec des poêles, casseroles ou ustensiles antiadhésifs dont le revêtement est endommagé. L’usure peut favoriser le relargage de substances indésirables.
Inspectez donc régulièrement vos ustensiles. Si un revêtement s’écaille ou présente des dommages importants, remplacez l’objet plutôt que de continuer à l’utiliser pendant plusieurs années. Ce réflexe concerne d’ailleurs toute la famille et pas uniquement les repas de bébé.
Alimentation : faut-il acheter uniquement bio ?
Réduire l’exposition aux substances préoccupantes ne signifie pas que tous les aliments doivent obligatoirement être biologiques. Le SPF recommande notamment de laver ou d’éplucher les fruits et légumes afin de réduire certains polluants présents en surface. Ce geste simple peut s’intégrer facilement à la préparation des repas.
Une alimentation variée reste également importante. Varier les aliments permet d’éviter de consommer constamment les mêmes produits et contribue en même temps à une alimentation équilibrée. La prévention environnementale ne doit pas rendre les repas plus anxiogènes.
Si votre budget est limité, concentrez-vous d’abord sur les gestes faciles à appliquer durablement. Laver les fruits et légumes, ne pas réchauffer les repas dans du plastique et utiliser des ustensiles en bon état sont déjà des changements utiles.
Biberons : faut-il préférer le verre au plastique ?
Pour réduire l’exposition liée aux matériaux, le SPF Santé publique recommande de privilégier si possible les biberons en verre. Le plastique peut libérer davantage de substances lorsqu’il est chauffé, alors que le verre est beaucoup plus stable dans ces conditions. Pour les familles qui utilisent des biberons quotidiennement, le changement peut donc être assez simple.
Avant la première utilisation, lavez les biberons et les tétines à l’eau chaude. Faites de même pour la vaisselle et les nouveaux ustensiles destinés à l’alimentation. Le nettoyage élimine notamment une partie des résidus pouvant rester après la fabrication ou le conditionnement.
Pensez aussi à vérifier régulièrement l’état des tétines. Lorsqu’elles sont abîmées, fendues ou très usées, remplacez-les. Au-delà de la question des perturbateurs endocriniens, un matériel en bon état reste essentiel pour une utilisation sûre.
Vous vous posez également des questions sur l’entretien ? Retrouvez notre guide sur le nettoyage et la stérilisation des biberons. Une bonne routine doit rester simple et adaptée à l’âge de votre bébé.
Salle de bain : bébé a-t-il vraiment besoin de nombreux produits ?
La peau de bébé est régulièrement en contact avec des produits de soin. Pourtant, prendre soin d’un nourrisson ne nécessite pas forcément une longue liste de gels, lotions, parfums et lingettes. Dans ce domaine également, la simplicité peut aider à limiter les expositions.
Pour la toilette quotidienne, le SPF recommande notamment l’eau, un gant de toilette et un savon solide sans parfum. Il conseille également de privilégier des produits de soin sans parfum et de limiter autant que possible les colorants, huiles essentielles et autres ingrédients non indispensables.
L’objectif n’est pas de considérer tous les cosmétiques comme dangereux. Les cosmétiques vendus légalement en Belgique et dans l’Union européenne sont soumis à une réglementation. Pour un bébé qui possède une peau particulièrement sensible, utiliser peu de produits et choisir des formules simples constitue néanmoins un réflexe facile.
Pour les gestes d’hygiène quotidiens, retrouvez aussi nos conseils pour laver bébé. Le soin quotidien peut rester très minimaliste.
Faut-il éviter le parfum sur bébé ?
Il est préférable de limiter le contact direct de bébé avec les parfums. Le SPF recommande également de choisir autant que possible des soins non parfumés. Un nourrisson n’a pas besoin de sentir le parfum pour être propre.
Cette recommandation concerne aussi l’environnement proche. Les diffuseurs de parfum, désodorisants et bougies parfumées ajoutent différentes substances à l’air intérieur sans être indispensables. Pour améliorer l’air d’une pièce, ouvrir les fenêtres est généralement beaucoup plus simple.
Vous n’avez cependant pas besoin de paniquer si vous avez déjà utilisé un produit parfumé. La prévention repose sur les habitudes répétées dans la durée, pas sur une exposition ponctuelle. Vous pouvez simplement adapter progressivement vos achats futurs.
Lingettes pour bébé : faut-il les supprimer ?
Les lingettes sont très pratiques lorsqu’on se déplace ou lorsqu’il n’y a pas d’eau à proximité. Pour le quotidien à la maison, le SPF Santé publique recommande néanmoins de privilégier de l’eau, un gant de toilette et un savon solide sans parfum plutôt que des lingettes jetables. Cela limite le nombre de produits appliqués régulièrement sur la peau.
Il n’est donc pas nécessaire de considérer les lingettes comme totalement interdites. Vous pouvez les réserver aux situations où elles sont vraiment pratiques et choisir une routine plus simple à la maison. La fréquence d’utilisation compte autant que le produit lui-même.
Cette approche illustre bien la philosophie générale de la prévention. Il ne s’agit pas d’éliminer chaque objet potentiellement concerné, mais de diminuer facilement certaines expositions répétitives.
Jouets : laver et aérer avant de donner à bébé
Les bébés découvrent énormément avec leur bouche. Un jouet n’est donc pas seulement tenu dans les mains : il est souvent léché, mâchouillé et frotté contre le visage. Les objets destinés aux tout-petits méritent pour cette raison une attention particulière.
Le SPF recommande de sortir les jouets neufs de leur emballage quelques jours avant de les donner à l’enfant, puis de les laver à l’eau chaude lorsque le matériau le permet. Pour un jouet électronique ou difficile à laver, vous pouvez passer un chiffon humide sur sa surface.
Le marquage CE constitue également un repère essentiel. Il indique que le produit doit respecter les exigences européennes applicables, notamment concernant la sécurité des jouets. Achetez de préférence auprès de vendeurs identifiables et soyez plus prudente avec les jouets dont la provenance ou la conformité est difficile à vérifier.
Faut-il éviter tous les jouets en plastique ?
Il n’est ni nécessaire ni réaliste d’interdire tout plastique dans les jouets de bébé. Le SPF conseille toutefois de privilégier lorsque c’est possible les matériaux naturels comme le bois, le coton, le lin ou la laine, et de limiter notamment les jouets en plastique ou parfumés pendant la période où bébé porte énormément d’objets à la bouche.
Vous pouvez donc appliquer cette recommandation progressivement. Un jouet déjà présent dans votre maison et conforme n’a pas besoin d’être immédiatement jeté, mais vous pouvez tenir compte du matériau lors de futurs achats.
L’occasion peut également avoir un intérêt, à condition de rester attentive à la sécurité et à l’état du produit. Un objet ancien, détérioré ou ne répondant plus aux normes actuelles ne devient pas automatiquement préférable parce qu’il a déjà été utilisé.
Vêtements et textiles : laver avant la première utilisation
Les vêtements, draps, couvertures et autres textiles neufs peuvent contenir des résidus liés à leur fabrication, traitement, transport ou stockage. Le SPF recommande donc de laver les vêtements et le linge de lit avant leur première utilisation. Cette habitude simple permet de diminuer une partie de ces résidus.
Certains traitements méritent également davantage d’attention. Le SPF conseille notamment d’éviter si possible les textiles vendus comme « anti-odeurs » ou « antibactériens », ainsi que certains grands motifs plastifiés. Ces fonctions supplémentaires peuvent nécessiter davantage de traitements chimiques.
Pour les vêtements ordinaires, la simplicité reste une bonne stratégie. Choisissez des habits confortables et adaptés à la peau de bébé, puis lavez-les avant le premier port. Vous pouvez retrouver nos autres conseils dans notre article sur les vêtements de bébé.
Chambre de bébé : l'air intérieur compte aussi
Lorsque nous pensons aux perturbateurs endocriniens, nous imaginons souvent les produits qui touchent directement la peau. Pourtant, l’exposition peut également se faire par l’air intérieur et la poussière. La chambre de bébé mérite donc elle aussi quelques habitudes simples.
Aérez votre habitation environ deux fois par jour pendant une quinzaine de minutes. Lorsque vous installez des meubles, un nouveau matelas ou réalisez des travaux de peinture et de rénovation, aérez encore davantage et évitez si possible que bébé reste dans la pièce pendant les travaux.
Il est aussi utile de nettoyer régulièrement la poussière avec un chiffon humide et les sols à l’eau. Certaines substances chimiques présentes dans les produits et objets du quotidien peuvent se retrouver dans les poussières domestiques. Un ménage régulier contribue ainsi à limiter l’exposition.
Retrouvez également nos conseils pour assurer une bonne hygiène au domicile d'un nouveau-né. Une maison saine ne signifie pas pour autant une maison désinfectée en permanence.
Désinfecter davantage protège-t-il mieux bébé ?
Pas forcément. Le SPF recommande de réserver les produits désinfectants aux situations où ils sont réellement nécessaires. Une maison avec un bébé n’a pas besoin d’être stérile pour être propre.
Pour l’entretien courant, privilégiez des produits simples et utilisez-les conformément à leur mode d’emploi. Le SPF recommande notamment des produits sans parfum, colorants ou adoucissants superflus et cite aussi l’EU Ecolabel comme repère possible.
L’objectif est là encore de réduire l’accumulation de produits plutôt que d’en ajouter. Nettoyer régulièrement avec une routine simple est généralement plus cohérent qu’utiliser plusieurs sprays parfumés et désinfectants au quotidien.
Faut-il éviter les bougies, désodorisants et huiles essentielles ?
Les produits parfumés peuvent sembler agréables, mais ils ne sont pas nécessaires pour assainir une pièce. Le SPF recommande de limiter autant que possible les désodorisants, diffuseurs de parfums, bougies parfumées et huiles essentielles dans l’environnement de bébé.
Si une pièce sent mauvais, commencez plutôt par en identifier la cause puis aérez. Une fenêtre ouverte renouvelle réellement l’air, alors qu’un parfum d’intérieur masque principalement l’odeur en ajoutant de nouvelles substances dans la pièce.
Cette recommandation est particulièrement facile à appliquer dans la chambre du bébé. Un air neutre n’est pas un air moins propre. Au contraire, moins parfumer simplifie fortement l’environnement intérieur.
Et les produits ménagers ?
Une grande quantité de produits spécialisés n’est pas indispensable pour nettoyer une maison. Pour limiter le nombre de substances utilisées quotidiennement, le SPF conseille notamment de privilégier des produits simples, sans parfums, colorants ou adoucissants inutiles, ainsi que des produits portant l’EU Ecolabel.
Évitez également l’utilisation systématique de sprays insecticides, prises anti-moustiques et autres biocides lorsque des alternatives physiques sont possibles. Une moustiquaire ou une barrière anti-insectes peut par exemple résoudre certaines situations sans diffusion régulière d’un produit chimique.
Stockez évidemment tous les produits ménagers hors de portée des enfants. À mesure que bébé commence à ramper puis marcher, ce point devient au moins aussi important que la question des perturbateurs endocriniens.
Peut-on déjà réduire l'exposition avant la naissance ?
Oui, et c’est justement pour cette raison que la campagne belge parle des 1 000 premiers jours plutôt que seulement des deux premières années de bébé. Pendant la grossesse, le fœtus peut être exposé à certaines substances via le placenta. Plusieurs recommandations concernent donc directement la future maman.
Le SPF conseille notamment de limiter les produits cosmétiques non indispensables, surtout ceux qui restent longtemps sur la peau, les ongles ou les cheveux. Il recommande également de privilégier des produits simples et sans parfum et de bien aérer les pièces utilisées.
Les mêmes habitudes que pour bébé s’appliquent également dans la cuisine et à la maison. Éviter de chauffer les aliments dans du plastique, aérer quotidiennement et limiter les produits parfumés permet de réduire certaines expositions sans bouleverser votre mode de vie.
Faut-il jeter tous les produits déjà achetés ?
Non. Une politique de prévention ne doit pas vous pousser à remplacer immédiatement tous les objets de votre maison. Cela coûterait cher, créerait beaucoup de déchets et transformerait facilement un message de santé publique en source d’anxiété.
Commencez par les situations où le changement est facile et où l’exposition est répétée. Vous pouvez arrêter de chauffer les repas dans du plastique, laver les vêtements neufs, supprimer un diffuseur parfumé ou choisir un savon plus simple lorsque le flacon actuel est terminé.
Pour les futurs achats, vous pourrez ensuite appliquer progressivement de nouveaux critères. La prévention fonctionne beaucoup mieux lorsqu’elle devient une habitude durable que lorsqu’elle repose sur une grande opération de nettoyage réalisée dans la panique.
Peut-on protéger complètement bébé des perturbateurs endocriniens ?
Il est impossible d’éliminer toutes les expositions environnementales. Certaines substances sont largement présentes dans notre environnement et les parents ne peuvent pas contrôler chaque matériau, aliment ou objet auquel leur enfant sera confronté. Se fixer comme objectif le « zéro perturbateur endocrinien » serait donc irréaliste.
Ce constat ne signifie pas qu’il est inutile d’agir. Réduire certaines expositions fréquentes pendant une période sensible peut être pertinent, surtout lorsque les changements sont aussi simples que ne pas chauffer le plastique ou aérer régulièrement.
Le message à retenir est donc celui de la réduction, pas celui de la perfection. Vous pouvez protéger davantage votre bébé sans vivre dans la peur de chaque emballage, jouet ou produit de soin.
« Sans BPA », « naturel », « bio » : ces mentions suffisent-elles ?
Une mention marketing ne permet pas à elle seule de garantir qu’un produit est exempt de toutes les substances préoccupantes. « Sans BPA » signifie par exemple que le produit ne contient pas ce bisphénol particulier, mais ne résume pas toute sa composition. Il vaut donc mieux ne pas baser tous vos choix sur une seule allégation.
Le mot « naturel » mérite la même prudence. Une substance naturelle n’est pas automatiquement sans risque, et certaines huiles essentielles sont justement déconseillées dans l’environnement des tout-petits. L’origine d’un ingrédient ne suffit donc pas à déterminer son innocuité.
Les labels réglementés sont plus intéressants que les formulations vagues. Pour certains produits ménagers, textiles ou langes, l’EU Ecolabel peut par exemple constituer un repère parmi d’autres. Il reste malgré tout préférable de commencer par se demander si le produit est réellement nécessaire.
Moins de substances inutiles, sans culpabiliser les parents
Les perturbateurs endocriniens et bébé constituent un vrai sujet de prévention pendant les 1 000 premiers jours. La campagne nationale lancée en Belgique en avril 2026 rappelle toutefois que la réduction de l’exposition repose avant tout sur des gestes simples dans la cuisine, la salle de bain, la chambre et les habitudes d’achat.
Vous n’avez pas besoin de jeter tout ce que vous possédez ou d’analyser chaque étiquette pendant des heures. Limiter le plastique chauffé, simplifier les soins, aérer, laver les produits neufs et réduire les parfums inutiles permettent déjà d’agir concrètement. La meilleure prévention est celle que votre famille peut réellement maintenir.
Surtout, ne laissez pas le sujet devenir une nouvelle source de culpabilité. Nous sommes tous exposés à différentes substances présentes dans notre environnement. L’objectif est de réduire ce qui peut facilement l’être, pas de créer un quotidien parfaitement exempt de produits chimiques.
Les gestes prioritaires si vous ne voulez retenir que l'essentiel
Face à une longue liste de recommandations, il peut être difficile de savoir par où commencer. Quelques habitudes couvrent pourtant une grande partie des situations du quotidien. Elles constituent un bon socle pendant les 1 000 premiers jours.
Commencez par :
- ne pas réchauffer les aliments dans des récipients en plastique ;
- privilégier le verre ou l’inox lorsque cela est simple ;
- aérer la maison tous les jours ;
- limiter parfums, désodorisants et produits parfumés ;
- laver vêtements, draps, biberons, vaisselle et jouets neufs avant utilisation ;
- utiliser peu de produits cosmétiques sur bébé et préférer les formules simples ;
- remplacer les ustensiles ou tétines lorsqu’ils sont abîmés ;
- nettoyer régulièrement la poussière et les sols.
Vous n’avez pas besoin d’appliquer parfaitement chaque recommandation dès demain. Choisissez d’abord deux ou trois gestes faciles, puis adaptez progressivement vos achats et vos routines. C’est cette répétition dans le temps qui rend la démarche réaliste.
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Pendant la grossesse et les premières années de bébé, de nouvelles questions apparaissent presque chaque jour. Produits de soin, alimentation, biberons, jouets ou aménagement de la chambre : il n’est pas toujours facile de distinguer les précautions importantes des injonctions qui compliquent inutilement la vie des parents.
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FAQ : les questions les plus fréquemment posées par les parents
Le système hormonal, le cerveau et de nombreux organes se développent très rapidement pendant la grossesse et la petite enfance. Cette période rend les bébés et les jeunes enfants plus sensibles à certaines expositions chimiques. C’est pourquoi les autorités belges ciblent particulièrement les 1 000 premiers jours dans leurs recommandations.
Certaines substances préoccupantes peuvent se trouver dans des emballages, plastiques, textiles, produits de soin, jouets, meubles, produits ménagers ou dans l’alimentation. Bébé peut y être exposé par ingestion, inhalation ou contact avec la peau. Plutôt que rechercher une source unique, il est plus utile de réduire plusieurs expositions répétées.
Le SPF Santé publique recommande d’éviter de réchauffer les aliments dans du plastique. Pour chauffer un repas, utilisez plutôt un récipient adapté en verre ou en porcelaine. Vous pouvez ainsi limiter la migration potentielle de certaines substances vers les aliments.
Oui. Le SPF recommande de laver les vêtements et draps neufs avant de les utiliser afin de diminuer certains résidus liés à la fabrication et au traitement des textiles. C’est un geste simple à adopter dès la préparation de la garde-robe de bébé.
Les 1 000 premiers jours correspondent à la période allant de la grossesse jusqu’aux 2 ans de l’enfant. Il s’agit d’une phase particulièrement importante pour le développement du corps et du cerveau. La campagne belge sur les perturbateurs endocriniens cible donc les futures mamans, les bébés et les jeunes enfants pendant toute cette période.
Non. La mention « sans BPA » concerne spécifiquement le bisphénol A et ne décrit pas nécessairement l’ensemble des substances présentes dans le produit. Il est donc préférable de prendre en compte le matériau, son usage et les recommandations du fabricant plutôt que de se fier uniquement à une allégation.
Toutes les lingettes ne sont pas identiques et il n’est pas possible d’affirmer qu’elles contiennent toutes des perturbateurs endocriniens. Pour limiter les produits appliqués sur la peau, le SPF recommande toutefois de privilégier au quotidien l’eau, un gant de toilette et du savon sans parfum. Les lingettes peuvent alors rester une solution pratique ponctuelle.
Non. Il n’est pas nécessaire de supprimer tous les jouets en plastique, mais le SPF recommande de privilégier lorsque c’est possible des matériaux naturels et de limiter notamment les jouets plastiques et parfumés lorsque bébé met beaucoup les objets à la bouche. Lavez ou aérez également les jouets neufs avant utilisation.
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