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Examens de grossesse

NIPT et les complications de grossesse: Révélation d'une étude belge


Ecrit le 31/08/2026 par Family Service,

Et si la prise de sang utilisée pour le NIPT pouvait un jour donner davantage d’informations que le risque de certaines anomalies chromosomiques chez bébé ? Des chercheurs de l’UZ Leuven et de la KU Leuven viennent de montrer que les échantillons sanguins prélevés pour réaliser ce test pourraient également aider à identifier très tôt certaines femmes présentant un risque accru de complications de grossesse.

L’étude concerne plus particulièrement les femmes atteintes d’une maladie auto-immune. Chez certaines d’entre elles, les chercheurs ont réussi à repérer dans le sang, dès le premier trimestre, des profils associés à un risque plus important de prééclampsie ou de naissance prématurée.

Que fait le NIPT actuellement pendant la grossesse ?

Le NIPT, ou test prénatal non invasif, repose sur une simple prise de sang chez la future maman. Celle-ci contient de petits fragments d’ADN libre circulant provenant notamment du placenta. Dans son utilisation actuelle, le test sert avant tout au dépistage de certaines anomalies chromosomiques chez le bébé, notamment les trisomies 21, 18 et 13. Vous souhaitez comprendre son fonctionnement avant d’aller plus loin ? Retrouvez notre article consacré au DPNI ou NIPT et au dépistage non invasif des trisomies.

Le NIPT fait aujourd’hui partie des examens bien connus du suivi prénatal belge. Il s’agit cependant d’un test de dépistage et non d’un examen destiné, dans la pratique actuelle, à prédire l’ensemble des complications qui pourraient survenir pendant la grossesse.

Qu’ont découvert les chercheurs de l’UZ Leuven et de la KU Leuven ?

Les chercheurs se sont intéressés à une partie des données présentes dans les prélèvements NIPT qui n’est habituellement pas utilisée de cette manière. Au lieu d’étudier uniquement la séquence génétique, ils ont analysé ce que l’on appelle le « fragmentome », c’est-à-dire les caractéristiques physiques des petits fragments d’ADN libre présents dans le sang : leur taille, leurs profils et leur origine biologique.

Selon l’UZ Leuven, qui a présenté les résultats de l’étude en août 2026, les chercheurs ont étudié près de 2 000 échantillons sanguins prélevés chez des femmes au premier trimestre de leur grossesse. Ils ont constaté que certains profils de fragments d’ADN pouvaient apparaître très tôt chez des femmes qui allaient ensuite développer des complications de grossesse.

Un modèle informatique a été développé à partir de ces données afin d’identifier les grossesses présentant davantage de risque. Les chercheurs ont ensuite testé leur modèle auprès d’un groupe indépendant de patientes du Ziekenhuis Oost-Limburg, où les résultats ont pu être confirmés.

Pourquoi l’étude s’intéresse-t-elle aux maladies auto-immunes ?

Cette recherche ne concerne pas toutes les femmes enceintes de la même manière. Elle s’est concentrée sur les femmes présentant des maladies liées au système immunitaire, notamment le lupus, certaines maladies rhumatismales, le psoriasis ou encore la maladie de Crohn. Ces maladies peuvent être associées à un risque accru de certaines complications obstétricales, comme la prééclampsie et la naissance prématurée.

L’UZ Leuven indique qu’en Belgique, environ 10 % des femmes enceintes présentent une maladie auto-immune et qu’une petite partie d’entre elles nécessite une surveillance plus étroite pendant la grossesse. Le problème est qu’en début de grossesse, il est actuellement difficile de déterminer précisément quelles patientes développeront réellement une complication. Certaines femmes ne présentent encore aucun symptôme et les examens sanguins classiques ne montrent pas nécessairement d’anomalie. C’est précisément là que cette nouvelle analyse pourrait devenir intéressante : identifier plus tôt les grossesses nécessitant potentiellement une surveillance renforcée.

Le NIPT pourrait-il prédire la prééclampsie ?

L’étude suggère que l’analyse du fragmentome pourrait aider à repérer précocement des femmes atteintes d’une maladie auto-immune qui présentent un risque accru de complications, dont la prééclampsie. La prééclampsie est une complication de la grossesse associée notamment à une hypertension artérielle et à différentes atteintes possibles des organes. Certaines maladies auto-immunes font déjà partie des facteurs qui peuvent augmenter le risque. Pour comprendre cette complication, ses symptômes et son suivi, retrouvez notre dossier pour tout comprendre sur la prééclampsie.

Le point important est toutefois le suivant : votre résultat NIPT actuel ne vous indiquera pas si vous allez développer une prééclampsie. L’étude porte sur une nouvelle analyse des données contenues dans les mêmes échantillons sanguins. Cette analyse du fragmentome n’est actuellement pas intégrée au NIPT standard proposé aux femmes enceintes en Belgique.

Et la naissance prématurée ?

La naissance prématurée fait également partie des complications observées plus fréquemment chez certaines femmes atteintes de maladies auto-immunes. Dans l’étude belge, les chercheurs ont donc cherché à savoir si les caractéristiques de l’ADN libre circulant pouvaient aider à identifier les grossesses susceptibles d’évoluer vers ce type de complication. L’objectif à terme serait de pouvoir repérer une grossesse à risque avant que les premiers signes cliniques apparaissent.

Une naissance est considérée comme prématurée lorsqu’elle survient avant 37 semaines complètes de grossesse. Si vous souhaitez mieux comprendre ce que cela implique pour bébé, retrouvez également notre article consacré au bébé prématuré et à la prise en charge après une naissance trop précoce.

Pourquoi détecter ces risques plus tôt pourrait-il être utile ?

Lorsqu’un professionnel de santé sait qu’une grossesse présente davantage de risques, il peut adapter le suivi. Les chercheurs de l’UZ Leuven expliquent qu’une identification plus précoce pourrait, selon la situation, permettre de proposer des contrôles plus rapprochés, une orientation vers un centre spécialisé ou certaines mesures préventives.

Ils donnent notamment l’exemple d’un traitement par aspirine à faible dose chez certaines femmes à risque de prééclampsie. Cela ne signifie évidemment pas qu’une femme enceinte doit commencer un tel traitement après un NIPT. Ce type de prévention ne s’utilise que lorsqu’il est indiqué et sur prescription médicale. L’intérêt de la recherche est surtout de pouvoir, à l’avenir, mieux déterminer quelles femmes bénéficieraient réellement d’un suivi renforcé.

Est-ce déjà un nouveau NIPT disponible en Belgique ?

Le NIPT que vous pouvez réaliser aujourd’hui ne propose pas encore un résultat vous indiquant votre risque de prééclampsie ou d’accouchement prématuré sur la base de cette nouvelle méthode. Les chercheurs parlent d’une possible évolution vers un « NIPT 2.0 », mais l’analyse du fragmentome est encore au stade de la recherche.

L’UZ Leuven précise que la méthode n’est actuellement pas utilisée à l’hôpital. Un projet est en cours afin d’essayer de la transformer en test utilisable en pratique clinique dans les deux à trois prochaines années. Il s’agit d’un objectif de recherche, et non de l’annonce qu’un nouveau test sera automatiquement disponible à cette échéance. Des étapes supplémentaires de validation et de mise en œuvre restent nécessaires.

Est-ce que votre NIPT contient déjà ces informations ?

Les chercheurs n’ont pas besoin d’une nouvelle prise de sang spécifique pour obtenir ces informations. Ils travaillent à partir des échantillons prélevés pour le NIPT classique. Autrement dit, le sang contient déjà beaucoup plus d’informations biologiques que celles actuellement utilisées dans le cadre du dépistage chromosomique. Mais avoir ces informations dans l’échantillon ne signifie pas qu’elles sont automatiquement analysées ni communiquées aux futurs parents.

Aujourd’hui, si vous réalisez un NIPT, votre résultat reste interprété selon les indications prévues dans le suivi prénatal actuel. Pour replacer le test parmi les autres rendez-vous de votre grossesse, consultez aussi notre guide des examens médicaux prévus pendant la grossesse en Belgique.

Faut-il faire quelque chose différemment si vous avez une maladie auto-immune ?

Pas sur la seule base de cette nouvelle étude.  Cette découverte de l’UZ Leuven et de la KU Leuven montre à quel point les informations contenues dans une simple prise de sang peuvent aller au-delà de l’utilisation actuelle du NIPT. Chez les femmes atteintes d’une maladie auto-immune étudiées par les chercheurs, certains profils de fragments d’ADN ont permis d’identifier très tôt les grossesses qui allaient présenter des complications.

Si vous souffrez d’un lupus, d’une maladie rhumatismale, de psoriasis, de la maladie de Crohn ou d’une autre maladie auto-immune, votre grossesse peut déjà nécessiter un suivi adapté à votre situation.  Continuez donc les rendez-vous et examens prévus avec votre gynécologue et les spécialistes qui suivent votre maladie.

Cette étude ne signifie pas qu’un résultat NIPT normal exclut une complication ni qu’il faut demander une analyse supplémentaire de son propre chef. À terme, cette approche pourrait aider les équipes médicales à repérer plus rapidement certaines futures mamans nécessitant une surveillance renforcée. Mais pour le moment, rien ne change dans votre NIPT classique. Il reste utilisé selon ses indications actuelles et cette nouvelle analyse n’est pas encore disponible dans le suivi courant des grossesses en Belgique.

Elle ouvre surtout une piste pour le futur : utiliser les données d’une prise de sang déjà couramment réalisée afin de personnaliser davantage la surveillance de certaines grossesses.

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FAQ : les questions les plus fréquemment posées par les parents

Pas encore dans la pratique courante. Une étude belge a montré que l’analyse de certains fragments d’ADN présents dans les échantillons NIPT pourrait aider à prédire certaines complications chez des femmes atteintes de maladies auto-immunes. Cette nouvelle analyse n’est toutefois pas intégrée au NIPT actuellement proposé aux femmes enceintes.

Les chercheurs ont montré que leur méthode pouvait identifier très tôt certaines femmes présentant davantage de risque de complications, dont la prééclampsie. Cela ne signifie pas que le résultat d’un NIPT classique permet aujourd’hui de prédire si vous développerez une prééclampsie.

Non. Cette recherche s’est intéressée plus particulièrement à des femmes présentant des maladies auto-immunes ou immunitaires, qui ont déjà un risque plus élevé de prééclampsie et de naissance prématurée.

Dans son utilisation actuelle, le NIPT analyse l’ADN libre circulant dans le sang maternel afin de dépister principalement certaines anomalies chromosomiques chez le bébé, notamment les trisomies 21, 18 et 13.

Non. Cette nouvelle analyse n’est pas encore proposée dans le suivi clinique. Les chercheurs ont étudié les informations déjà présentes dans les échantillons sanguins prélevés pour le NIPT, mais il n’existe pas actuellement de test supplémentaire à demander dans le cadre de cette découverte.

L’UZ Leuven travaille à une éventuelle intégration de cette technologie dans la pratique hospitalière au cours des prochaines années. L’équipe évoque un horizon de deux à trois ans pour développer un test utilisable à l’hôpital, mais cela reste un objectif de recherche et non une date de disponibilité garantie.