« Je cherchais plus un papa pour un enfant qu'un partenaire »

enceinte avec don de sperme

Kim (34 ans) est enceinte de 35 semaines de son premier enfant, grâce à un don de sperme d'un donneur danois. "Si je n'avais pas eu ma mère, je ne pense pas que j'aurais osé faire ça. D'une manière ou d'une autre, vous avez besoin de quelqu'un sur qui vous appuyer. " 

"J'ai toujours eu un fort désir d'enfants", commence Kim. "Ma maman est une mère d'accueil et j'ai grandi avec d'autres enfants. Pour moi, il a toujours été évident qu'un jour je voudrais des enfants à moi. Dans ma vingtaine, j'étais dans une relation où je pensais vraiment que nous allions nous marier et avoir des enfants. Vers mes 30 ans, cependant, la relation s'est brisée après cinq ans. Même si nous avions l'intention d'avoir des enfants ensemble, avec le recul, je ne regrette certainement pas de ne pas l'avoir fait. Si on ne se sent pas bien dans une relation, on ne peut pas résoudre ça en ayant un enfant."

"Après cette relation, j'ai eu le sentiment de devoir soudainement repartir de zéro. Je devais à nouveau tout faire par moi-même. En fait, j'ai réalisé que j’en étais capable, à moi toute seule. C'est alors qu'est née l'idée de devenir une mère célibataire. Entre-temps, j'ai encore eu deux brèves relations, mais elles n'ont pas fonctionné à 100 % non plus. J'avais l'impression de chercher davantage un papa pour un enfant qu'un partenaire et je ne voulais pas ça. Avoir un partenaire n'est pas une priorité pour moi en ce moment. Le temps était également un facteur important. J'ai 34 ans, donc je ne voulais pas être dans une relation pendant un an de plus pour ensuite me rendre compte que ça ne marchait pas et tout recommencer une nouvelle fois. Alors j'ai jeté mon dévolu sur ce bébé et j'ai foncé."

L’exemple à suivre : sa maman

"J'ai d'abord partagé mon projet avec ma mère. Elle a immédiatement dit qu'elle me soutiendrait pleinement dans cette démarche. Elle est mon modèle. Mon père a eu des problèmes de santé quand mon frère et moi étions petits, alors elle a très souvent dû se débrouiller seule. Le fait qu'elle en ait été capable est une grande motivation pour moi et me fait croire que je peux le faire aussi. Si je ne l'avais pas eue, je ne pense pas que j'aurais osé faire ça. Quelque part, on a besoin de quelqu'un sur qui s’appuyer."

"Après avoir fait quelques recherches en ligne, je me suis rendue au service de fertilité de l'UZ à Jette. Lors d'un rendez-vous avec la psychologue, ils ont évalué si j'étais capable de devenir une mère. C'est très confrontant. Ils vous interrogent sur les relations que vous avez eues, le lien avec vos propres parents, votre perception de la vie et ce que vous attendez d'un enfant. Heureusement, ce fut une conversation très cordiale avec une psychologue sympathique. Après, elle a immédiatement dit que j'avais son aval. La première étape officielle était donc franchie."

Le marché danois des donneurs

"Viennent ensuite les tests physiques et une discussion avec un conseiller qui dresse le tableau financier. Ce n'est pas rien, car le sperme et son stockage coûtent très cher. De plus, vous n'avez droit qu'à trois tentatives. Si vous n'êtes pas enceinte après ces trois tentatives, vous recommencez. Vous devez alors revoir le psychologue, le gynécologue et le conseiller et vous devez payer à nouveau. Lors des premières tentatives, la fécondation se fait dans votre corps, mais si cela ne fonctionne pas au bout de plusieurs fois, on passe à la FIV en laboratoire."

"J'avais lu en ligne qu’on recherchait chez les donneurs une correspondance en fonction de ses propres caractéristiques physiques. Dans mon cas, il s’agit de cheveux et yeux foncés. Il y a toutefois une grave pénurie de donneurs de sperme belges et l'UZ Jette ne coopère qu'avec un marché de donneurs danois. Le conseiller m'a dit qu'il n'y avait pas beaucoup de Danois aux cheveux noirs. Mon fils peut donc avoir les cheveux roux ou blonds, voire foncés peut-être, je ne sais pas. Par contre, ils tiennent compte de la couleur de votre peau et de votre groupe sanguin et je pense qu'ils vérifient aussi les antécédents médicaux du donneur."

Des échos à l’ère du coronavirus

"Lorsque ma première tentative a échoué, je ne m'attendais pas à ce que cela m’affecterait tellement, émotionnellement. Je m’étais jurée de ne pas me créer de grandes attentes, mais quand ils ont appelé pour dire que ça n'avait pas marché, j’ai quand même eu difficile. Au début, je pensais me donner un mois de repos pour récupérer, mais c'était un autre mois de perdu. Je suis donc retournée immédiatement faire une deuxième tentative pendant mon cycle menstruel suivant et cela a marché. J'étais tellement heureuse à ce moment-là que j'ai immédiatement appelé ma mère et ma meilleure amie."

"Je n'ai eu le feu vert pour mon parcours qu'au début du premier confinement. J’'ai donc dû faire toutes les échographies toute seule, mais j'ai considéré que c'était un privilège pour moi de vivre cette expérience seule. La situation est différente si vous êtes en couple et que le partenaire doit manquer les échographies. Je sais que je devrai tout faire par moi-même. Je mentirais toutefois si je disais que ça ne m'inquiète jamais. Parfois, je me demande comment je vais pouvoir tout faire, par exemple monter les courses jusqu’à mon appartement au deuxième avec un bébé ou lorsqu'il faut emmener l’enfant à l'école. Je pense cependant que ça va s'arranger ; les couples aussi doivent s'adapter. Lors de l'accouchement, une amie sera présente qui sera aussi la marraine de mon fils. Elle a elle-même trois enfants, elle sait donc comment tout fonctionne et elle peut rester très calme. Je n'emmènerais pas ma mère pour ça. Elle est plutôt surprotectrice. Ce n'est pas ce dont j'ai besoin à ce moment-là je pense ; il me faut plutôt quelqu'un qui puisse m’aider à rester calme."

Papa vit loin d'ici

"J'adorerais rencontrer quelqu'un, mais il faut que ce soit la bonne personne au bon moment. J'envisagerais alors certainement d'avoir encore d’autres enfants, à condition que la relation soit nickel. À moi seule, je n'en prendrais pas un deuxième. Je serai aussi toujours honnête avec mon fils. Tant qu’il est tout petit, je lui dirai que son papa vit très loin, dans un autre pays. Quand il sera assez grand, je lui expliquerai que son père est un Danois. Je n’ai pas de problème à ce qu’il le sache. Si, plus tard, il veut rechercher son père biologique, il a ma bénédiction, c’est sûr. À cet égard, cela ne me dérange pas que ce soit au Danemark et non, par exemple, à Anvers. Peut-être n'a-t-il pas envie d’entamer cette quête, mais je veux garder cette option ouverte. Sinon, il n'aura jamais la chance de découvrir quoi que ce soit sur son père ou ses racines."

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