Maman solo par choix : faire un bébé sans attendre le bon partenaire
Ecrit le 02/09/2026 par Family Service,
Rencontrer quelqu'un, tomber amoureuse, construire sa vie à deux et, un jour, avoir un enfant. Pendant longtemps, c'était un peu le scénario tout tracé de la maternité. Mais que faire lorsque le désir d'enfant est là… et que le partenaire avec qui construire ce projet ne l'est pas ?
Rencontrer quelqu'un, tomber amoureuse, construire sa vie à deux et, un jour, avoir un enfant. Pendant longtemps, c'était un peu le scénario tout tracé de la maternité. Mais que faire lorsque le désir d'enfant est là… et que le partenaire avec qui construire ce projet ne l'est pas ?
Certaines femmes décident de ne plus attendre. Elles font le choix de devenir mères seules, parfois après des années de réflexion, en ayant recours notamment à un don de sperme et à la procréation médicalement assistée (PMA).
On les appelle mamans solo par choix, mères célibataires par choix ou encore, dans le monde anglophone, Single Mothers By Choice (SMBC).
Derrière ces expressions se cachent évidemment autant d'histoires qu'il existe de mamans. Mais aussi des questions très concrètes : comment avoir un enfant seule en Belgique ? Comment se déroule le parcours médical ? Comment organiser le quotidien lorsqu'on est le seul parent ? Que raconter à son enfant sur ses origines ?
Qu'est-ce qu'une maman solo par choix ?
Une maman solo par choix est une femme qui décide de devenir mère alors qu'elle n'est pas en couple et qui débute donc son projet parental en sachant qu'elle sera, au quotidien, le seul parent de son enfant.
La nuance est importante.
Toutes les mamans solos n'ont pas choisi de l'être. Certaines le deviennent après une séparation, un divorce ou le décès de leur partenaire.
Pour une maman solo par choix, la monoparentalité est présente dès le début du projet.
Et contrairement à ce que l'expression pourrait laisser penser, décider d'avoir un enfant seule ne signifie pas nécessairement avoir renoncé à l'amour ou à l'idée de vivre un jour en couple.
Pour certaines femmes, la réflexion pourrait plutôt se résumer ainsi :
« Je souhaite toujours rencontrer quelqu'un, mais je ne veux plus que mon désir de devenir maman dépende de cette rencontre. »
Pourquoi certaines femmes choisissent-elles d'avoir un enfant seules ?
Il n'existe évidemment pas une raison unique.
Certaines femmes ont toujours su qu'elles voulaient des enfants. Elles ont connu différentes relations, sans rencontrer une personne avec laquelle elles souhaitaient construire une famille.
D'autres voient les années passer et commencent à s'interroger sur leur fertilité.
D'autres encore réalisent simplement qu'elles sont prêtes à devenir mères, indépendamment de leur situation amoureuse.
Il peut aussi y avoir un véritable changement de perspective : plutôt que de chercher rapidement un partenaire avec lequel avoir un enfant, elles préfèrent dissocier les deux projets.
La Boîte Rose avait d'ailleurs recueilli le témoignage de Kim, enceinte de son premier enfant grâce à un don de sperme. Après la fin d'une relation de cinq ans, son désir d'enfant était toujours bien présent.
À lire aussi sur La Boîte Rose : « Je cherchais plus un papa pour un enfant qu'un partenaire »
Comment avoir un enfant seule en Belgique ?
Pour une femme célibataire souhaitant porter elle-même son enfant, le parcours peut notamment passer par un don de sperme et une procréation médicalement assistée.
La technique utilisée dépendra de la situation personnelle et médicale de chaque femme.
L'insémination avec sperme de donneur
L'insémination artificielle avec donneur consiste à introduire des spermatozoïdes d'un donneur dans l'utérus au moment de l'ovulation.
Il peut s'agir d'une des premières techniques envisagées lorsque la situation médicale le permet.
La fécondation in vitro (FIV)
Dans certaines situations, une fécondation in vitro peut être proposée. Les ovocytes sont alors prélevés et fécondés en laboratoire avant qu'un embryon soit transféré dans l'utérus.
Le choix de la technique, les examens préalables et les différentes étapes du parcours sont à discuter avec un centre de fertilité.
À lire sur La Boîte Rose : Quelles étapes pour tomber enceinte ?
Cet article revient notamment sur l'insémination, la FIV et l'insémination artificielle avec donneur.
Par où commencer lorsqu'on souhaite devenir maman solo ?
Avant de se lancer, la première étape peut tout simplement être d'en parler avec son gynécologue ou de prendre contact avec un centre de médecine de la reproduction.
Le parcours ne se résume pas nécessairement à choisir un donneur et à réaliser une insémination.
Selon les situations, différents rendez-vous et examens peuvent être proposés afin notamment d'évaluer la fertilité et de déterminer la technique la plus adaptée.
Le projet parental lui-même peut également être abordé.
Et il faut garder en tête une réalité importante : commencer un parcours de PMA ne signifie pas qu'une grossesse arrivera immédiatement.
Il peut y avoir plusieurs tentatives, des périodes d'attente et parfois des échecs. Le parcours peut donc être émotionnellement plus long que ce que l'on avait imaginé au départ.
Faire un bébé seule… mais pas forcément tout faire seule
C'est probablement l'une des réflexions les plus importantes à avoir avant de se lancer.
Être le seul parent de son enfant ne signifie pas devoir traverser chaque étape sans aide.
Au contraire, lorsqu'il n'y a pas de deuxième parent sur lequel s'appuyer au quotidien, construire son « village » peut devenir essentiel.
Qui appeler lorsque vous êtes malade et que bébé doit aller à la crèche ? Qui pourrait vous accompagner à certains rendez-vous ? Qui sera présent autour de la naissance ? Qui peut prendre le relais pendant quelques heures lorsque vous avez simplement besoin de dormir ?
Parents, frères et sœurs, amis proches, parrain, marraine…
La famille d'un enfant ne se limite pas nécessairement aux personnes qui vivent sous son toit.
Dans son témoignage pour La Boîte Rose, Kim expliquait d'ailleurs combien le soutien de sa propre maman avait compté dans sa décision de se lancer dans cette aventure.
Grossesse solo : penser aussi à l'après-naissance
Pendant la grossesse, beaucoup de choses peuvent encore être anticipées.
L'organisation des premières semaines après l'accouchement en fait partie.
Avec un nouveau-né, les journées et surtout les nuits peuvent rapidement devenir intenses. Lorsqu'on est seule à la maison, il n'y a pas nécessairement quelqu'un à qui passer le relais après une nuit difficile.
Si votre entourage souhaite vous aider, pourquoi ne pas réfléchir ensemble à des aides très concrètes ?
Apporter un repas, faire quelques courses, garder bébé pendant que vous dormez une heure, vous accompagner à un rendez-vous médical ou simplement venir passer un peu de temps avec vous peut parfois être bien plus précieux qu'un énième body taille 1 mois.
Maman solo : quelles aides existent en Belgique ?
La situation dépend notamment de votre région, de vos revenus et de votre composition familiale.
En Wallonie, par exemple, des dispositifs spécifiques existent pour les familles monoparentales. Les familles répondant aux conditions peuvent notamment bénéficier d'un supplément aux allocations familiales. Les règles et plafonds évoluent : mieux vaut donc vérifier votre situation auprès de votre caisse d'allocations familiales.
À lire sur La Boîte Rose : INFO/INTOX sur la prime de naissance et les allocations familiales
Pour les mamans vivant en Wallonie, le portail officiel consacré aux familles monoparentales rassemble également les informations concernant les allocations, la petite enfance, le logement, la fiscalité ou encore les aides disponibles.
Source officielle : Portail Famille monoparentale de la Wallonie
Un Guide des parents solos y est également proposé pour rassembler les principaux droits, prestations et aides sociales.
Et financièrement ?
C'est une question qui mérite d'être posée avant le début du projet.
Dans un foyer monoparental, un seul revenu doit généralement couvrir une grande partie des dépenses du ménage : logement, énergie, alimentation, vêtements, frais médicaux, matériel de puériculture, mode de garde…
Sans chercher à prévoir chaque dépense des dix-huit prochaines années, établir un budget réaliste peut permettre d'aborder le projet plus sereinement.
Il peut notamment être utile d'anticiper :
- les éventuels frais liés au parcours de fertilité ;
- les dépenses liées à la grossesse et à l'arrivée de bébé ;
- le coût de la crèche ou d'un autre mode de garde ;
- une éventuelle diminution temporaire des revenus ;
- une petite réserve financière pour les imprévus.
Certaines aides destinées aux familles monoparentales peuvent alléger une partie de ces dépenses. Là encore, renseignez-vous auprès des organismes officiels correspondant à votre région.
« Mais un enfant n'a-t-il pas besoin d'un papa ? »
Lorsqu'une femme annonce son projet de devenir maman seule, elle peut être confrontée à de nombreuses questions.
Certaines sont bienveillantes. D'autres peuvent être beaucoup plus maladroites.
« Tu es sûre de vouloir faire ça toute seule ? »
« Pourquoi ne pas attendre encore un peu ? »
« Et si tu rencontres quelqu'un dans deux ans ? »
Ou encore la question du père et de la place d'un modèle masculin.
Ces interrogations peuvent également faire partie de la réflexion de la future maman elle-même.
Mais une chose est importante : toutes les familles ne se construisent pas de la même manière.
Familles avec deux parents, familles monoparentales, familles recomposées, familles homoparentales… derrière le mot « famille » se trouvent aujourd'hui de nombreuses réalités.
Que dire à son enfant de son histoire ?
C'est une question que beaucoup de futures mamans solo peuvent se poser très tôt : comment expliquer à mon enfant comment il a été conçu ?
Il n'est évidemment pas nécessaire d'attendre ses 15 ans pour lui révéler soudainement son histoire.
Parler progressivement et avec des mots adaptés à son âge de son histoire familiale peut permettre à l'enfant de grandir avec celle-ci comme une composante naturelle de son identité.
Les questions évolueront avec lui.
Petit, il voudra peut-être simplement comprendre pourquoi certaines familles ont un papa et une maman alors que la sienne est différente.
Plus tard pourront apparaître des questions sur le donneur, la génétique ou ses origines.
Il est donc intéressant de réfléchir à ces sujets avant même la naissance et, si nécessaire, de se faire accompagner par un professionnel.
Qu'en est-il de l'anonymat du donneur en Belgique ?
C'est justement un sujet en pleine évolution.
En 2026, le gouvernement belge a avancé sur un projet de réforme visant à mettre fin à l'anonymat des donneurs de gamètes et d'embryons et à permettre aux enfants issus d'un don d'accéder à des informations sur leurs origines selon les modalités prévues par la future législation.
Attention : au moment où nous écrivons ces lignes, il s'agit d'un projet législatif en cours et non d'une règle qu'il faut considérer comme définitivement entrée en vigueur.
Source officielle : Conseil des ministres – Abrogation du don anonyme dans le cadre de la procréation médicalement assistée
C'est donc un point à vérifier auprès du centre de fertilité au moment d'entamer votre parcours.
Et si l'amour arrive après bébé ?
Devenir maman solo par choix ne ferme évidemment pas la porte à une future relation amoureuse.
Une rencontre peut avoir lieu pendant la grossesse, lorsque l'enfant a 2 ans, 8 ans… ou pas du tout.
La différence est que cette éventuelle rencontre n'est plus une condition préalable à la maternité.
Pour certaines femmes, c'est précisément ce changement de perspective qui permet de vivre les rencontres différemment : elles ne cherchent plus nécessairement quelqu'un qui devra rapidement devenir le père de leur futur enfant.
Le projet amoureux et le projet parental redeviennent deux histoires distinctes.
Une famille différente… et beaucoup de questions de maman parfaitement ordinaires
Choisir de devenir maman seule est une décision importante.
Elle demande de réfléchir à des questions auxquelles un couple ne sera pas toujours confronté de la même façon : le parcours de PMA, la place du donneur dans l'histoire racontée à l'enfant, l'organisation sans deuxième parent ou encore la constitution d'un réseau sur lequel s'appuyer.
Mais une fois bébé arrivé ?
Il y aura probablement aussi beaucoup de questions terriblement classiques.
Pourquoi se réveille-t-il toutes les deux heures ? Est-ce normal qu'il mange si peu aujourd'hui ? Quand va-t-il faire ses nuits ? Pourquoi refuse-t-il soudainement tous les légumes qu'il adorait la semaine dernière ?
Parce qu'avant d'être une « maman solo par choix », vous serez surtout… sa maman.
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